#2 – Quentin Obadia – Le design pour la vie

Bonjour à tous !

Bienvenue dans le 2e épisode du podcast. Pour ceux qui ont déjà entendu le premier épisode, vous le savez c'est une conversation où j'invite des hommes et femmes pour parler de leur réussite ; et cette réussite peut être dans des domaines très variés : que ce soit dans l'entrepreneuriat, le sport, la gastronomie, la médecine, le blogging, le design, le journalisme…L'objectif est de partager avec vous les clés de la réussite de mes invités parce que je suis convaincue qu'il y a bien des principes réplicables pour arriver au succès et que vous allez pouvoir les appliquer à vos propres projets.

Grands principes et points abordés

Alors pour ce deuxième épisode épisode, j'ai le grand plaisir d'accueillir une personne que j'admire beaucoup : Quentin Obadia (@Quentin Obadia). Je suis vraiment ravie de l'avoir sur le podcast. Il a été qualifié par Vanity Fair de "bosseur low profile" car peu connu du grand public ; c'est pourtant l'une des stars du design de joaillerie et haute joaillerie. Il a travaillé pour les plus grandes maisons ; il est même est devenue responsable du pôle création de Boucheron à l'âge de 22 ans, un exploit dans ce milieu plutôt conservateur (je sais de quoi je parle !) puis est partie vivre une nouvelle aventure chez Lalique pour relancer la marque de joaillerie. Maintenant il est à son propre compte, travaille pour les plus grandes maisons de la Place Vendôme et à franchi avec succès le pas de retrouver sa liberté en devenant indépendant. Bref, même pour des personnes qui ne sont pas dans le design ou la création ou qui ne cherchent pas à être à leur propre compte, ses réponses à mes questions sont justes passionnantes.

Dans cette conversation avec Quentin Obadia, on va parler :

  • du métier de créatif,

  • de son obsession pour la transmission,

  • de sa vision du talent,

  • de comment faire pour devenir une éponge,

  • mais aussi de vieilles bagnoles (photos ci-dessous j'avais promis !)

  • (ça vous concerne peut-être d'ailleurs) du  premier jour du reste de sa vie : le jour où il est devenu indépendant.

  • de son chien Igor, une future star du mannequinat canin (@igor_lacroq)

Bref, je ne vous en dit pas plus, et je laisse la place à ma conversation avec Quentin Obadia !

Notes et références de l'épisode : 

Pour contacter ou suivre Quentin Obadia :

Crédits photo : Damien Rigondeaud

Les personnes mentionnées dans cet épisode

La galerie des vieilles bagnoles

La célèbre Porsche 911 Super Carrera suivie d'une Austin Mini vintage et en bas à droite de la Plymouth Road Runner.Notes de l'épisode

  • Quentin Obadia a su qu'il voulait devenir designer car le dessin a été un mode d'expression pour lui dès son plus jeune âge [00:30]

  • La passion (honteuse) de Quentin pour les voitures des années 80 et pour ceux qui ne connaissent pas les voitures choisies par Quentin : [01:39]

  • Quentin est tombé amoureux des objets et du design d'objets quand il a découvert qu'on pouvait rendre un objet éternel [06:02]

  • Il nous raconte comme il a quitté son Auvergne natale (même s'il a bien précisé qu'il était né à Colmar !) pour faire des études de dessin à Paris [09:02]

  • Malgré sa passion pour le dessin, il a fait le choix de faire des études scientifiques avant d'aller en école de dessin. Il  passe un bac S, en quelque sorte pour prouver à sa famille et à lui-même qu'il était capable d'avoir ce diplôme scientifique [10:40]

  • Après son bac S il entre à l'école Olivier de Serres et commence par une mise à niveau en art appliqué pendant 1 an. Il y a apprend à conceptualiser... à tel point qu'il réalise son premier projet sur un sujet étonnant : le "non-sujet" [12:00]

  • Comment apprendre à réapprendre à dessiner lorsqu'il est entré à l'école des arts appliqués et après son expérience d'autodidacte [14:30]

  • Il entre ensuite au Strate College, une école spécialisée dans le designer automobile. L'enseignement ne lui plaît pas, surtout il est déçu de comprendre qu'il ne va pas réfléchir aux usages, aux modes de transport etc. mais plutôt travailler sur des petites partie d'une automobile. [16:30]

  • La mort de sa grand-mère change complètement sa relation à l'objet et à la mort. Le dessin devient pour lui une façon de donner corps à une idée, donner une nouvelle vie à un objet. Il s'intéresse à la question de la transmission, à l'empreinte que l'homme laisse via un objet, à son éternité [18:00]

  • La directrice artistique de Boucheron repère ses dessins dans son école et lui propose un stage [20:00]

  • Il explique quel était le métier de la création de joaillerie, un métier non pas de designer, mais de dessinateur [22:03]

  • Il raconte comment il s'est plongé dans les archives de la marque, et a commencé à dessiner des concepts pour Boucheron, avec un regard neuf et candide sur le métier [24:50]

  • A 22 ans il tombe par hasard dans le métier de la haute joaillerie, le saint-graal dans le métier et sans réellement se rendre compte du caractère exceptionnel de ce qui lui arrive [27:30]

  • Ce métier très technique, auquel il ne connaît rien, le contraint à devenir une "éponge", à apprendre de toutes les personnes qui l'entourent. Il continue maintenant à rester à l'écoute de la technique. [29:00]

  • Comment la contrainte et la technique sont en réalité source de création. De la même façon, il dit ne pas avoir de style, espère même ne pas en avoir, pour mieux faire parler les marques pour lesquelles il travaille [31:20]

  • Ce qui fait le succès d'un dessin : la structure, l'équilibre, la construction [34:00]

  • Devenir une éponge, nécessite d'abord de se dédier à 100% au projet qui l'occupe, de vider son cerveau et de se mettre vraiment à la place de son client. Il va ensuite être curieux [36:02]

  • Dans son livre, Outliers, (Tous Winners ! en français) Malcom Gladwell, explique que tous les experts ou personnes qui excellent dans un domaine quel qu'il soit ont passé au moins 10 000 heures sur leur sujet de prédilection. C'est selon lui l'une des lois immuables du succès. Il prend l'exemple des Beatles, de Mozart ou de Bill Gates. Quentin estime oui avoir dessin au moins 10 000 heures dans sa vie, pour autant il estime qu'il est important de ne pas reproduire de mécanismes, de ne pas reproduire des gestes ou des shorts-cuts mais d'innover à chaque fois, de repartir, fraîchement à chaque fois [39:05]

  • L'aide de son conjoint ou de personnes extérieures qui le challengent est absolument nécessaire [39:40]

  • Quentin finit par quitter Boucheron car l'environnement très paternaliste commence à lui peser. Il sent qu'il a besoin de grandir, de s'affranchir [41:01]

  • A 26 ans, il rejoint Lalique, pour une opportunité, celle de relancer la joaillerie chez Lalique [42:01]

  • Comment son implication a été différente chez Lalique que chez Boucheron, car il passe du rôle de celui qui apprenait chez Boucheron, à celui qui savait chez Lalique [42:40]

  • Comment démarrer le renouveau d'une marque comme Lalique : en retournant dans les archives, en recherchant l'Histoire de la marque pendant des mois pour comprendre l'oeuvre de Lalique, ce que le fondateur cherchait à exprimer et arriver à interpréter sa manière de voir le bijou [44:10]

  • Comment faire des choix, trancher sur un axe versus un autre : choisir à l'émotion [46:20]

  • Il dessine pour Lalique sa première collection, "Le feu sacré" [47:50]

  • La peur du regard public lors de sa première collection [48:35]

  • Lors de son premier showroom, Suzy Menkes arrive pour voir ses bijoux. Complètement inconscient de qui elle est (pour ceux qui ne le savent pas Suzy Menkes est l'une des papesse de la mode, travaille pour le NY Times et pour le Vogue, elle a par ailleurs une coiffure caractéristique qui fait qu'elle est assez repérable par ceux qui la connaissent) , il se rend compte qu'elle doit être importante car tout le monde s'arrête de parler dans la salle [54:20]

  • Je fais référence notamment à l'ouvrage célèbre de Napoleon Hill et de son fameux "Burning Desire" dans son ouvrage "Réfléchissez et devenez riche" (le titre français est catastrophique) [55:00]

  • Les outils de dessins : le papier et le crayon d'abord, illustrator en autre, photoshop [56:10]

  • L'une des grandes qualité d'un designer pour d'autres que soi ou pour d'autres marques que sa propre marque : l'humilité [58:10]

  • Ce qu'il a le plus appris chez Lalique : apprendre à parler de son travail, formuler ses idées.

  • Son conseil pour quelqu'un qui veut créer une marque : d'abord faire la distinction entre être créateur et être une vraie marque [1:03:10]

  • Créer une marque en dehors de s'exprimer soi-même, c'est avant tout se demander ce qui manque sur un marché donné, tant en terme de rituel, de style [1:04:45]

  • Ecouter son client, une posture différente de celle des maison de luxe qui ont souvent l'ambition de créer un nouveau besoin et de le faire découvrir à ses clients [1:05:10]

  • Encore peu habitué à sa nouvelle vie de designer indépendant, Quentin n'a pas d'habitudes si ce n'est de prendre un café le matin et de faire une petite caresse à son chien chéri Igor (dont j'ai promis l'instagram que voici : https://www.instagram.com/igor_lacroq/?hl=fr)

  • L'entreprise permet de créer un cadre, de se forcer à faire les choses, ne serait-ce que se lever le matin toujours à la même heure, produire etc. La vie de l'indépendant est dure justement car s'est lui qui doit se créer ses propres règles, son cadre [1:10:10]

  • Le sport aussi comme l'un des moyens de se créer des règles, une forme de routine. Quentin admet qu'il n'a pas encore trouvé son équilibre sur ce sujet et qu'une de ses résolutions pour l'année 2018 est justement de structurer sa façon de travailler. [1:13:30]

  • Quentin revient sur son départ de Lalique, sa décision de devenir indépendant [1:14:10] le sentiment d'étouffement qu'il a ressentit avant son départ et son besoin de liberté [1:15:10]

  • Il décrit le premier jour du reste de sa vie, le jour où il devient indépendant, et le sentiment de peur, la pression d'être à la hauteur [1:17:05]

  • Il raconte comment il a trouvé ses premiers clients, ou plutôt comment il s'est fait démarché par ses premiers clients très tôt. On parle de la difficulté d'être sur tous les fronts quand on crée son entreprise : à la fois sur son cœur de métier - ici la création - mais aussi devoir gérer l'administratif, le commercial [1:20:15]

  • Il explique que lorsqu'il attaque un sujet, que ce soit un sujet à traiter pour un client, ou l'administratif par exemple, il trouve nécessaire de s'y consacrer entièrement, sur une journée et de ne pas traiter d'autres sujets le même jour. Il trouve nécessaire de segmenter son travail pour avoir une disposition d'esprit entièrement dédiée à un sujet [1:23:20]

  • L'erreur est inévitable, notamment face à l'administratif. Malheureusement l'erreur est peu acceptée par l'administration et le droit à l'erreur faible. Il préconise donc un contrôle accru, même si on travaille avec des personnes de confiance [1:25:20]

  • La liberté une valeur clé, mais qui doit être habitée [1:26:45]

  • Le mot "échec" quelque chose de trop solennel et fataliste que Quentin n'aime pas, il préfère par exemple le mot "erreur" qui est moins dur. Il voit les erreurs comme quelque chose d'inévitable mais sur lequel on s'appesantit trop, qui n'implique pas qu'on a "raté" sa vie. Il tient à ne pas "valider" sa vie en fonction de ses échecs ou ses succcès [1:28:10]

Pour vous tenir à l'affût…

1. Faites vous coacher par moi !

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2. La News

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3. Des conseils concrets sur ma chaîne YouTube

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4. Contactez-moi ! 

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